Plafonds URSSAF 2026 des frais professionnels : les montants exonérés
En bref : rembourser un frais professionnel n'est pas verser un salaire, à condition de choisir sa voie. Au réel, sur justificatif : exonéré de cotisations sans plafond, tant que la dépense sert l'activité. Au forfait : exonéré dans la limite des barèmes URSSAF, soit en 2026 21,40 € par repas au restaurant en déplacement, 10,40 € hors des locaux sans restaurant, 7,50 € sur le lieu de travail, et en grand déplacement 76,60 € de logement par jour à Paris, 56,80 € ailleurs en métropole. Au-delà, la part excédentaire redevient du salaire — sauf à prouver la dépense réelle.
Forfait ou réel : il faut choisir sa route
Les frais professionnels sont les « charges de caractère spécial inhérentes à la fonction ou à l'emploi » : ce que le salarié avance pour travailler. Deux mécaniques permettent de le lui rendre sans cotisations.
- Le remboursement au réel. Le salarié rend son ticket, l'entreprise rembourse le montant exact. Pas de plafond : ce qui compte est le caractère professionnel de la dépense, prouvé par le justificatif. C'est aussi la seule voie ouverte aux dirigeants et mandataires sociaux, que l'arrêté du 4 septembre 2025 exclut expressément des allocations forfaitaires.
- L'allocation forfaitaire. L'entreprise verse une somme fixe — 20 € de repas par jour de déplacement — sans réclamer le détail. Elle est « réputée utilisée conformément à son objet » tant qu'elle reste sous la limite URSSAF : c'est cette présomption qui a de la valeur.
Le dépassement n'est pas une amende, c'est une perte de présomption : la fraction au-dessus du plafond entre dans l'assiette des cotisations et de la CSG-CRDS, à moins que l'employeur ne produise les justificatifs des dépenses réellement engagées. Et pour un même repas, une seule indemnité est déductible : les cas ne se cumulent pas.
Repas : les trois montants 2026
| Situation du salarié | Limite exonérée en 2026 | À retenir |
|---|---|---|
| En déplacement, contraint de prendre son repas au restaurant | 21,40 € par repas | Le cas classique du commercial ou du technicien en mission à la journée. |
| En déplacement hors des locaux ou sur un chantier, sans obligation d'aller au restaurant | 10,40 € par repas | Sandwich, plat emporté, cantine de chantier. |
| Contraint de se restaurer sur son lieu de travail (travail posté, en équipe, continu, de nuit ou en horaires décalés) | 7,50 € par repas | Ne concerne pas le déjeuner ordinaire au bureau, qui relève des titres-restaurant. |
Revalorisés au 1er janvier 2026, ces montants étaient respectivement de 21,10 €, 10,30 € et 7,40 € en 2025.
Grand déplacement : quand le salarié ne rentre pas dormir chez lui
Le grand déplacement se définit par l'impossibilité de rentrer dormir chez soi. Le salarié y est présumé quand deux conditions sont réunies : au moins 50 km entre sa résidence et le lieu de mission à l'aller, et un trajet que les transports en commun ne font pas en moins de 1 h 30. La présomption n'est pas exclusive : d'autres circonstances peuvent justifier de rester sur place.
| Durée de la mission (métropole) | Repas | Logement + petit déjeuner Paris, 92, 93, 94 | Logement + petit déjeuner autres départements |
|---|---|---|---|
| Les 3 premiers mois | 21,40 € | 76,60 € | 56,80 € |
| Du 4e au 24e mois (−15 %) | 18,20 € | 65,10 € | 48,30 € |
| Au-delà du 24e mois (−30 %) | 15,00 € | 53,60 € | 39,80 € |
Montants par jour. La dégressivité est le piège des missions longues : l'affectation qui s'étire coûte toujours autant à l'entreprise, mais l'exonération, elle, diminue. Attention aussi à la borne finale — l'arrêté du 4 septembre 2025, qui a remplacé celui de 2002, ferme la déduction au-delà du 60e mois sur un même lieu, alors que le tableau publié par l'URSSAF affiche encore une tranche allant jusqu'au 72e mois. Au-delà de cinq ans de mission, la question se règle avec ton expert-comptable avant la paie.
Et à La Réunion, à Mayotte, aux Antilles ?
L'outre-mer a ses propres limites, inchangées depuis le 22 septembre 2023. Antilles, Guyane, La Réunion, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Barthélemy, Saint-Martin : 120 € d'hébergement et 20 € par repas les trois premiers mois, puis 102 € et 17 €, puis 84 € et 14 €. Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Polynésie française : même hébergement, repas à 24 €, puis 20,40 €, puis 16,80 €. L'hébergement des trois premiers mois monte à 150 € pour un salarié reconnu travailleur handicapé en situation de mobilité réduite. Hors de France, ces barèmes ne s'appliquent pas : une mission à Maurice ou à Madagascar suit les règles locales, avec une conversion de devise — voir le guide notes de frais entre la France, Maurice et Madagascar.
Télétravail, matériel, mobilité : les autres forfaits 2026
- Télétravail, sans accord collectif : 2,70 € par jour télétravaillé, dans la limite de 59,40 € par mois — ou, au forfait mensuel, 11 € par jour de télétravail hebdomadaire.
- Télétravail, avec accord de branche, professionnel, interprofessionnel ou de groupe : 3,30 € par jour, plafonné à 72,60 € par mois — ou 13,20 € par jour hebdomadaire.
- Utilisation du matériel informatique personnel du salarié : 55,20 € par mois.
- Mobilité professionnelle : hébergement provisoire et nourriture 85,10 € par jour, neuf mois au maximum ; installation dans le nouveau logement 1 705,70 €, majorés de 142,20 € par enfant à charge (trois au plus), soit 2 132,10 € au plus.
Le « petit déplacement » du bâtiment et de l'intérim
Un barème à part vise le bâtiment, les travaux publics, la tôlerie-chaudronnerie-tuyauterie industrielle et le travail temporaire : l'indemnité quotidienne de transport, exonérée par tranche de distance aller-retour, va de 3,00 € (5 à 10 km) à 60,60 € (190 à 200 km) en 2026 — soit la moitié du tarif kilométrique fiscal d'un véhicule de 4 CV (0,606 € ÷ 2) multipliée par les kilomètres, majorée de 20 % pour un véhicule électrique. Hors de ces secteurs, un trajet se rembourse au réel ou selon le barème kilométrique 2026.
Ce que ces plafonds ne règlent pas
Trois régimes s'appliquent à la même ligne de note de frais, et le plafond URSSAF n'en règle qu'un. L'exonération de cotisations ne dit rien de la déductibilité du résultat, ni de la TVA récupérable et de ses exclusions — le repas oui, l'hôtel du salarié non : voir le guide TVA sur les notes de frais. Et le forfait dispense de détailler la dépense, pas de prouver le déplacement.
Ce que fait notafee : tu fixes un plafond par catégorie — 21,40 € sur les repas, par exemple — en simple alerte ou en écrêtage, avec motif obligatoire au-delà d'un seuil et dérogation admin motivée et tracée. Le montant pris en charge est figé à la soumission, la ligne part dans le classeur Excel avec son écrêtage distingué, et le justificatif photographié reste attaché à la dépense. Essai gratuit de 30 jours.
Sources : Urssaf, « Frais professionnels — taux et barèmes », montants pour 2026, page mise à jour le 1er janvier 2026 (consultée le 8 septembre 2026) ; arrêté du 4 septembre 2025 relatif aux frais professionnels déductibles pour le calcul des cotisations de sécurité sociale, en vigueur depuis le 7 septembre 2025 et abrogeant l'arrêté du 20 décembre 2002 (articles 1er, 3 et 5) ; service-public.gouv.fr, « Indemnité de frais de repas : relèvement des seuils d'exonération », 6 janvier 2026. Ce guide donne les règles générales ; il ne remplace pas le conseil de ton expert-comptable pour ta situation précise.